Château Le Thil Comte Clary

Le vignoble du Château Le Thil Comte Clary est remarquablement situé au milieu de trois Crus Classés de l'appellation Pessac-Léognan : Château Bouscaut, château Carbonnieux et château Smith-Haut-Laffite. Le prestige de ses voisins suffit à exprimer le potentiel fantastique de ce terroir. Pour recevoir les membres de sa famille dispersée en Europe, Jeanne Clary (1853-1912) rénova avec beaucoup d'attention et de goût le château Le Thil, traditionnelle demeure bordelaise dotée d'un parc exceptionnel. Elle était la petite-fille de Nicolas Clary, comte, pair de France, lui-même frère de Désirée Clary (1777-1860), reine de Suède et de Norvège, dont la descendance siège toujours sur les trônes de Suède, de Norvège, du Danemark, de Belgique et du Luxembourg. Une des branches des héritiers de Nicolas comte Clary, et de Jeanne Clary comtesse Duffour de Raymond, est aujourd'hui représentée par la famille de Laitre, désormais propriétaire du château Le Thil. En 1989, celle-ci envisagea de donner à cette propriété un vignoble. Jean de Laitre, bien loin du monde viticole, puisqu'il était interne en médecine à Paris, fut séduit par le projet. Il quitta la blouse du médecin pour se lancer à corps perdu dans ce formidable pari : créer un vignoble sur un terroir exceptionnel, dans une appellation prestigieuse. Guidé seulement par sa passion, il engagea des travaux considérables. Ainsi naquit, en 1990, l'une des plus jeunes propriétés viticoles de l'appellation Pessac-Léognan. Très bien exposé, le terroir présente une particularité : le sol argilo-calcaire, avec quelques zones graveleuses, rappelle la région de Saint-Émilion. Cette originalité agronomique explique les choix de l'encépagement, qui ne correspond pas aux règles classiques de la région des Graves. En rouge, le vignoble du château Le Thil Comte Clary compte une grande proportion de Merlot (75 %) qu'il doit à la forte présence d'argile qui compose son terroir. Le Cabernet Sauvignon (25 %) se trouve sur les parcelles graveleuses. En blanc, la répartition est équilibrée entre les deux principaux cépages du Bordelais : Sémillon et Sauvignon. Tous les travaux convergent vers un seul objectif : amener des raisins parfaitement sains à un état de maturité idéal. En blanc comme en rouge, le tri dans la vigne est d'une rigueur absolue. Seules les grappes parfaitement mûres et saines iront vers le chai. Tout au long de sa lente maturation, le vin est élevé avec rigueur et passion, garantes de l'excellence de sa qualité. Dans la grande tradition bordelaise, le rouge vieillit 12 mois en barriques de chêne, afin de mêler harmonieusement les arômes du vin et ceux du bois. Le vin blanc fermente directement en barriques.

Notes de dégustation

Par Jean Michel Deluc : Maître Sommelier

Oeil - Vin à la robe rubis de bonne intensité avec des reflets violines et un dégradé allant vers le pourpre. Le vin présente aucun signe d'évolution dans sa couleur ou à peine un début. Le vin est brillant et opaque par sa densité. Il présente une concentration moyenne sous son aspect visuel.

Nez - Au nez, le vin est très flatteur avec ses notes d'élevage ou vous trouverez des arômes de toasté, de café crème, de pain grillé, de poivre, de cannelle, de vanille et de réglisse. La trame fruitée mature apparaît dès l'aération avec des notes confiturées de cerises, de prunes d'Ente, de mûres. Le vin est également floral, avec des notes subtiles de rose et de violette. Comment ne pas résister à un tel nez ?

Bouche - En bouche, le vin offre une attaque ronde et souple portée par la maturité des fruits. Le vin prend très vite de l'amplitude avec une structure encore serrée avec une acidité incisive et mentholée, des tanins fins mais encore croquants. L'équilibre matière structure est parfait mais le vin a besoin de quelques mois pour trouver son harmonie.

Accords mets et vins

Filet de bœuf en croûte, canard aux cerises, civet de lotte, matelote d'anguille, carré d'agneau aux anchois, fromages de Brie